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Au cœur de la pratique de Guillaume Adjutor Provost on trouve un désir de réfléchir au contexte de présentation des œuvres au sein d’un espace d’exposition. Lorsque l’artiste présente une installation, il considère que celle-ci est non pas une fin en soi mais un lieu permettant d’agir et de réfléchir au-delà des œuvres qui y sont présentées. Dans ce contexte, l’artiste intervient aussi de manière commissariale en mettant en relation un corpus d’œuvres dans un espace de recherche ouvert à la collaboration, qu'elle soit artistique, théorique ou critique.

Un des points d’accès à l’installation Bonne fortune est l’utilisation d’une signalétique en vinyle autocollant qui énumère les pièces présentées, les interventions qui auront lieu dans l’installation de même que les collaborateurs qui prendront part au dialogue entre les œuvres. Cet élément à la fois formel et textuel souligne l’engagement de l’artiste à concevoir l’exposition à travers un partage de l’agentivité artistique. La mise en espace de l’installation débute dès l’entrée de la salle, où l’on aperçoit des rangées de chemises de travail suspendues. Les vêtements sont ornés, à l’intérieur du col, de réimpressions numériques de cartes QSL que s’échangeaient les camionneurs du Québec entre les années 1970 et 1990. L’artiste, qui espérait y trouver une vision engagée et politisée des conditions de travail, a plutôt découvert une iconographie naïve et humoristique impliquant presque exclusivement des considérations de nature sexuelle. Dans la salle, trois œuvres de grand format sont disposées comme des arrière-plans qui ponctuent l’espace. Celles-ci ont été réalisées par addition et soustraction de teinture, suivant l’esthétique psychédélique propre au tie-dye. Sur chaque surface se discerne le logo de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), mais il est déformé par la technique utilisée par Provost, laissant une part importante au hasard. Dans Bonne fortune, l’installation sera évolutive du point de vue conceptuel, car elle sera activée à différents moments durant l’exposition, notamment lors d’une performance de Sarah Chouinard-Poirier.

Alors qu’est-ce que la « bonne fortune » dans cette exposition ? C’est peut-être le plaisir de se laisser prendre au jeu de l’installation et de devenir un acteur à l’œuvre. Dans le milieu des arts, on peut penser à l’imprévisible, à un changement de direction dans une carrière, à une prise de décision. La bonne fortune, c’est le désir passif d’améliorer son sort. Ça ne s’achète pas, ça arrive, ça surprend. Un peu comme la mise en espace d’une exposition, objet insaisissable qui est appelé à changer entre son idéation et sa disposition dans l’espace. Pour l’artiste, l’exposition devient ainsi un lieu privilégié pour prendre soin autant de l’œuvre, des artistes, que du public. 

Guillaume Adjutor Provost complète un doctorat à l’Université du Québec à Montréal. Ses recherches portent sur la notion d’art commissarial, à savoir l’utilisation d’approches commissariales comme mode de création. Ses projets récents mettent de l’avant des propositions hybrides qui empruntent aux langages des arts visuels, du commissariat et de la littérature. À travers un certain indéterminisme des formes, la production de Guillaume Adjutor Provost sonde les manifestations de l'inconscient, la notion d'usage et la construction d'idéaux. Plus spécifiquement, il est question de la périphérie de ce qui fait histoire : la contre-culture, les archives personnelles, les théories queer et la science-fiction. Récipiendaire de bourses du Conseil des Arts et des Lettres du Québec, du Conseil des Arts du Canada, de l’OJIQ, de la Sodec et de la bourse Jean-Claude Rochefort en art contemporain, le travail de Guillaume Adjutor Provost a été diffusé lors d’expositions solos et collectives au Canada, en France, en Allemagne, en Autriche, en Belgique et en Suisse.  Dès l’été 2016, il intègrera un atelier à la Fonderie Darling. 


Guillaume Adjutor Provost aimerait remercier l'équipe du Centre CLARK, le Centre Sagamie, la Fondation Christoph Merian, le Conseil des Arts et des Lettres du Québec,  ainsi que les collaborateurs participant au projet. 

Salle 1
  • GUILLAUME ADJUTOR PROVOST et al.
BONNE FORTUNE

EXPOSITION /
3 MARS AU 9 AVRIL, 2016

VERNISSAGE /
JEUDI 3 MARS, 20H

PERFORMANCE 
DE SARAH CHOUINARD-POIRIER /
JEUDI 24 MARS, 19H


PRÉSENTATION D'ARTISTE /
SATURDAY, 9 AVRIL, 15H