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  • Jacynthe Carrier, « Les empreintes 2 » de la suite « Cycle », impression jet d'encre, 2015
    Jacynthe Carrier, « Les empreintes 2 » de la suite « Cycle », impression jet d'encre, 2015
 

Jacynthe Carrier a développé un corpus photographique et vidéographique qui examine la relation du corps à son environnement. À travers des mises en scène où les tableaux vivants servent de vecteurs pour marquer le paysage, l’artiste s’intéresse aux lieux transitoires (terrains vagues, zones en friche, etc.), posant ainsi un regard sur nos manières d’occuper et de raconter le territoire. Dans ses œuvres précédentes, plus particulièrement ses séries Rites et Scène de genres, des objets du quotidien (lampes, abat-jour, téléviseurs, chaises, matelas, meubles) servent d’éléments de jeu qui permettent de composer des situations dans des lieux improbables. Depuis Parcours, qu’elle a présentée à Occurrence en 2013, il semble que l’artiste ait opéré un changement dans son approche de la mise en scène par un épurement autant des objets que des performances des protagonistes. L’artiste se concentre sur ce qui est déjà là, à portée. L’utilisation d’accessoires reste minimale. Dans l’œuvre vidéo Cycle, quelques objets sont utilisés par les performeurs, mais ce sont surtout les roches qui les occupent. L’artiste montre des micro-interventions captées par une caméra beaucoup plus intimiste que dans ses œuvres précédentes. Avec Cycle, l’artiste se concentre principalement sur la présence du corps et des gestes dans un lieu, et comment chacun interagit avec l’autre. Carrier semble mettre en exergue le tableau vivant, où la mise en scène avait quelque chose de théâtral, voire d’épique. La caméra se rapproche davantage de l’humain et tend à s’éloigner de l’immensité du paysage, même si ce dernier reste présent. Cycle rend compte d’un univers poétique qui invite à la contemplation. L’œuvre met en scène une collectivité qui travaille ensemble à changer son environnement par une succession de gestes qui se répètent dans un temps donné.

Dans cette vidéo, dont l’emplacement géographique est difficile à déterminer, mais où on sent la présence du fleuve en filigrane avec le son des vagues qui s’accrochent à la rive, l’artiste conçoit un espace performatif poétique. La collecte semble au cœur des préoccupations et actions des personnages. Ils s’appliquent à différentes tâches : transporter, disposer, laver, colorer, etc. Des tâches qu’on peut qualifier d’improductives, mais qui transforment le paysage et façonnent l’environnement. Tous ces micro-gestes contribuent à une forme de contemplation, d’introspection. Aucune parole n’est échangée au sein du groupe, mais on sent tout de même la part collective dans leur être-ensemble. Chaque personne doit accomplir une action en lien avec les autres. On peut y voir cette idée de prendre soin et d’une communauté éphémère créée pour transformer une parcelle du paysage. Au-delà du règne de la vue, Cycle aborde ces transformations intimistes et performatives au niveau sensoriel et poétique. 


Jacynthe Carrier emploie la photographie et la vidéo pour capter différentes manœuvres artistiques qui engagent le corps dans l’environnement et qui réfléchissent la manière dont on habite et raconte le territoire. Son travail fut présenté dans plusieurs expositions individuelles et collectives (Galerie 44, le Fresnoy Studio national, la nuit blanche de Paris, la triennale Québécoise, la Manif d’Art, la galerie de l’UQAM…) ainsi qu’à l’international dans plusieurs festivals et programmes vidéo (Canada, Europe, États-Unis). En 2014, elle prenait part au programme de résidence des ateliers de la fondation finlandaise du CALQ. Finaliste pour le Québec à la longue liste des prix Sobeys 2013, elle fut honorée en 2015 le prix Videre Creation et en 2012 le prix Pierre-Ayot. Elle est actuellement représentée par la galerie Antoine Ertaskiran à Montréal. Elle vit et travaille à Québec.

 

CYCLE, vidéo hd, couleur, sons, 10mn41s, 2014.

Direction photo : Julien Fontaine
Conception sonore : Simon Elmaleh
Assistant à la production : Bruno Bouchard
Colorisation : Julie Pelletier

Avec la participation de :
John Blouin, Célestine Uhde, Samuel Dinel, Raphael Boilard, Emanuelle Duret, Richard Legault, Esther Charron, Aïcha Bastien-N'diaye, Isabelle Falardeau, Isabelle Lebrun, Josiane Bernier, Pawel Kaminski,  Phillipe Lessard-Drolet, Pierre Bilodeau, Mikael Xystra Montminy

L’artiste aimerait remercier Bruno Bouchard, Louis Blackburn, Charles F. Ouellet, Amélie Laurence Fortin, Anne-Catherine Poirier et l’équipe de CLARK. Elle souhaite également remercier le centre REGART et ses partenaires pour son soutien à la production de ce projet. 

Salle 2
  • JACYNTHE CARRIER
CYCLE

EXPOSITION /
3 MARS AU 9 AVRIL, 2016

VERNISSAGE /
JEUDI 3 MARS, 20H

PRÉSENTATION D'ARTISTE /
SATURDAY, 9 AVRIL, 15H