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    Francine Lalonde
 

Francine Lalonde, dont la dernière exposition individuelle remonte à 2010 chez Circa, poursuit ses recherches formelles autour d’une expérience physique de l’espace. Pour CLARK, elle propose une sculpture imposante pour la dimension de la salle. Celle-ci habite littéralement les lieux. Intitulée Désirs fantômes, l’œuvre devient un espace épuré, méditatif qui permet au visiteur de prendre une pause, dans un univers qui contraste avec celui de Rebetez. L’artiste décrit cette sculpture ainsi : «J’ai superposé à l’espace original une forme facettée de grand format qui capte la lumière et la révèle en tant que phénomène autonome.1» La structure devient ainsi réceptacle pour des sources lumineuses. Cet échange lumineux devient en quelque sorte, une histoire d'attraction et de désir invisible/fantôme. L’œuvre de Lalonde sert aussi de surface qui accueille et relâche nos désirs. La forme recadre la salle, en prend possession. Cet effet est souligné par l’utilisation de la même peinture que celle utilisée pour la salle, permettant à la sculpture de faire corps avec le lieu même si la structure s’affranchit du mur qui semble la supporter.

Pour l’artiste, il est ici question d’un changement dans sa pratique, dans sa manière d’occuper l’espace de la galerie. Alors qu’elle faisait un usage de la lumière comme d’une source pour révéler l’espace, l’artiste modifie son mode opératoire et crée un espace dont la fonction est de recevoir spécifiquement la lumière en tant que surface qui en révèle les tonalités. L’utilisation du carton mousse (foam core) comme matériau de base, généralement utilisé dans la fabrication de maquettes, permet à l’artiste de jouer avec la forme grâce à la malléabilité de ce matériau low tech. Elle peut ainsi contrôler la construction de cette structure en flottement, un assemblage de plans polyèdres qui révèle de multiples plans et arêtes et qui ressemble à une pierre taillée. Cette utilisation d’un matériau léger lui permet de créer une structure qui ne s’accroche plus aux murs mais qui déborde dans la salle. Le visiteur se trouve presqu’immergé dans cette surface blanche plus grande que nature qui accueille la lumière.

Au final, la sculpture ressemble étrangement à un écran cathodique dont l’artiste aurait enlevé le système pour ne laisser que l’intérieur. De là, plus aucune image provenant d’une source externe mais plutôt la formation de nos propres images, surface de projection intime, de nos Désirs fantômes.

 

1. Issu d’un texte envoyé le 26 août 2015.

Francine Lalonde a étudié les arts visuels à Concordia, complété un maîtrise en production artistique à l’UQAM ainsi qu’un certificat en traduction à l’UdeM. Son travail a été présenté lors d’expositions individuelles ou de groupe dans divers centres et galeries, à Montréal et au Canada. Elle a séjourné à Barcelone en 2004 dans le cadre d’un échange Québec-Catalogne. Elle participe à des concours  d’intégration de l’art à l’architecture.

Elle enseigne au département d’Arts plastiques du Cégep Édouard-Montpetit depuis 2000. Elle voyage, en Amérique, Europe et Asie. Elle vit et travaille à Montréal. 


Francine Lalonde aimerait remercier Éric Duval, Mario Forest, Michel Forget et Lee Espero (Pedro) pour l’aide au montage, Yan Giguère pour ses conseils et sa disponibilité, ainsi que toute la formidable équipe de la galerie pour son travail et l’ambiance générale.

L’artiste aimerait aussi remercier le CALQ et le CAC pour leur soutien. 

Salle 2
  • FRANCINE LALONDE
Désirs fantômes

EXPOSITION /
22 OCTOBRE AU 28 NOVEMBRE 2015

VERNISSAGE /
JEUDI 22 OCTOBRE, 20H

PRÉSENTATION D'ARTISTE /
SAMEDI 24 OCTOBRE, 15H