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  • Sophie Latouche, «Danièle», 2016.
     Sophie Latouche, «Danièle», 2016.
 

LILLI CARRÉ / DENNIS & DEBBIE CLUB / BARRY DOUPÉ / 
JACQUES DESBIENS / PIERRE HÉBERT / JESS JOHNSON / 
SOPHIE LATOUCHE / JENNY LIN / AMY LOCKHART / ADRIAN NORVID

HB œuvre à présenter les pratiques actuelles du dessin dans une revue imprimée, sorte d’exposition sur papier où se déploient, se côtoient et interagissent les œuvres au détour de chaque page. Assemblés dans le plaisir par un collectif de commissaires, les numéros de HB publiés depuis 2013 proposent une sélection surprenante d’artistes établis comme émergents, québécois, canadiens ou étrangers.

Faisant suite à deux parutions thématiques (le no 4 Erotica et le no 5 Structures - à paraître), ce sixième opus interroge les pratiques du dessin qui débordent du cadre et qui  apparaissent «inexposables» dans le contexte de la publication. Les œuvres sélectionnées posent des problèmes évidents de reproduction, ne pouvant être réduites à une page qui les dépouillerait de leur spatialité, leur temporalité, leur immersivité ou leur interactivité. Elles mettent en lumière les limitations du format et non celles du modèle curatorial d’HB, qui une fois transposé aux espaces d’exposition, maintien sa cohérence, son flair et son mordant. Les commissaires proposent ici un corpus qui ne prétend pas dresser un portrait exhaustif des stratégies employées par les artistes qui dessinent hors page, mais qui cristallise plutôt une vision singulière en concordance avec l’esprit de HB. Dans cette optique, l’exposition se présente comme un numéro en soi, disponible pour une durée définie et dans un espace donné.

Le dessin numérique et la modélisation ont la part belle dans cette exposition collective regroupant 10 artistes, œuvrant pour la plupart en animation. Chez Amy Lockhart, différents micro-récits parallèles se développent dans des animations irrévérencieuses, brutes et saccadées qui rappellent l’esthétique et l’univers sonore des jeux vidéo 8 bits. Dans Jill, œuvre de Lilli Carré, un personnage apparemment dépourvu de libre-arbitre se construit et se déconstruit sous nos yeux, réagissant aux commandes d’une narratrice hors-champ qui relèvent tantôt d’une interaction, tantôt d’un ordre. La déconstruction est aussi à l’œuvre dans Whaty de Barry Doupé où de vagues visages humains se font et se défont, apparaissent et disparaissent en formes colorées qui elles-mêmes se meuvent dès que l’on tente de les saisir du regard. Pour sa part, le duo écossais Dennis and Debbie Club utilise l’animation générée par ordinateur (CGI) pour créer des mondes complexes, détaillés et surréels, visant à sublimer l’expérience traumatique du deuil et à provoquer une immersion sensorielle.

L'immersion est également un enjeu chez Jess Johnson qui investi une partie de la salle d’exposition d’une installation juxtaposant dessin mural et vidéo. En résulte une proposition in situ aux possibilités tentaculaires, à l’instar des dessins de l’artiste qui combinent des superpositions de motifs, de formes et de couleurs dans des compositions kaléidoscopiques futuristes. L’immersion est donc ici physique, alors que Replay, a Memory Game de Jenny Lin, appelle le spectateur à s’investir dans un univers virtuel qu’il explore à partir d’un poste informatique à même la salle d’exposition. Créé à la manière d’un jeu point and click où le joueur navigue à travers différents tableaux, Replay possède une structure narrative fragmentée et modulable, inspirée du flou entourant les souvenirs d’un accident. Adrian Norvid propose pour sa part un autre type de rencontre avec le spectateur. Son dessin obsessif, satirique et grinçant prend une forme tridimensionnelle (ou architecturale), constituant à la fois le décor et le reliquat de sa pratique performative. Scratch, de Pierre Hébert incarne une rare occurrence de la gestuelle du dessin dans cette exposition. Son animation, réalisée par inscription sur la surface sensible de pellicules filmiques, laisse visible le matériau et les différentes modalités de lignes qu’il permet de produire de même que sa qualité cinématographique intrinsèque. L’enchaînement des formes abstraites trouve une belle résonnance dans la pratique caustique de Sophie Latouche, où lignes et formes de couleur s’enchaînent dans une boucle sans fin avec ce soubresaut caractéristique des gifs animés.

Faisant écho à la forme de la publication imprimée, le Tractatus Holographis de Jacques Desbiens constitue un curieux objet holographique dont l’expérience serait impossible hors de paramètres optiques contrôlés. Prenant la forme d’un livre dont l’apparence se modifie selon l’angle de vision du spectateur afin de laisser une page se tourner, le Tractatus semble faire un clin d’œil à l’intention de HB de présenter des expositions sur papier se découvrant feuillet après feuillet. La fascination qu’exerce le dispositif proposé par Desbiens, ne révélant pas facilement son mode de fonctionnement, nous confirme que seul l’espace réel, ce hors page, pouvait nous le donner à voir. 


- Marie-Pier Bocquet
 


Commissaires HB
Marie-Pier Bocquet
Kaeten Bonli
Jonathan Demers
Corine Lemieux
Yan Romanesky
Julie Tremble
Joyce Yahouda

+

Commissaires CLARK
Roxanne Arsenault
Manon Tourigny 

BIOS

LILLI CARRÉ
Lilli Carré réside et travaille actuellement à Los Angeles. Ses films d’animation ont été présentés dans des festivals aux quatre coins des États-Unis et du monde, notamment au Festival du film de Sundance, au Festival international du film d’Édimbourg, à l’Ann Arbor Film Festival et au Festival international du film de Rotterdam. En 2010, elle cofonde l’Eyeworks Festival of Experimental Animation qui se tient annuellement à Chicago, Los Angeles et New York. Ses bandes dessinées et ses illustrations ont paru dans le New Yorker, le New York Times et la série The Best American Comics. Des expositions solos de son œuvre ont été accueillies au Museum of Contemporary Art de Chicago, à la galerie Western Exhibitions, et au Columbus Museum of Art. Elle détient un diplôme d’études supérieures en beaux-arts en théories et pratiques artistiques de l’université Northwestern, ainsi qu’un baccalauréat en beaux-arts de la School of the Art Institute de Chicago.
lillicarre.com/

DENNIS AND DEBBIE CLUB
Le Dennis and Debbie Club est composé d’un duo d’artistes en art numérique se spécialisant dans la production de vidéos CGI et dans les applications et les installations de réalité virtuelle. Ceux-ci créent leurs propres modèles 3D à partir de logiciels libres, les animant et les manipulant pour former des récits à l'humour noir qui traitent notamment des effets positifs de l’aliénation, de la manière dont la gloire et la mort sont intimement liées et des horreurs découlant de la vie familiale et comment il est encore possible de trouver un certain bonheur dans ce voyage au cœur du néant, cruel et dénué de sens.
dennisanddebbie.club/

BARRY DOUPÉ
Barry Doupé, né en 1982 à Victoria, en Colombie-Britannique, est un artiste établi à Vancouver dont le travail est principalement réalisé à partir d’animation par ordinateur. Diplômé de l’Emily Carr University depuis 2004, il est titulaire d’un baccalauréat en arts médiatiques avec une majeure en animation. Ses films combinent l’imagerie et le langage dérivant du subconscient et sont développés à partir d’exercices de composition et de dessin automatique. Il crée fréquemment des atmosphères dans lesquelles l’expression personnelle ou l’action du personnage est déjouée ou contrecarrée, provoquant un spectacle à la fois cocasse, violent et poétique. Ses films ont été présentés partout au Canada et dans le monde, notamment à l’Ann Arbor Film Festival au Michigan, au Festival international du film de Rotterdam aux Pays-Bas, à l’Anthology Film Archives à New York, au Musée d’art contemporain de Lyon en France, au MOCCA à Toronto, à la Whitechapel Gallery et au Tate Modern à Londres et au Centre Pompidou à Paris.
www.barrydoupe.ca/

JACQUES DESBIENS
Jacques Desbiens détient un Doctorat en Études et Pratique des Arts (UQAM, 2012). Spécialiste de la représentation spatiale, il a contribué à la mise au point d’un procédé d’holographie généré par ordinateur et à l’expérimentation de ses effets visuels. En 2009 Il a obtenu le « Nick Phillips Award for innovation in Holography » lors du Symposium International d’Holographie à Shenzhen (Chine). Il a publié plusieurs articles et a exposé ses hologrammes et dessins dans plusieurs pays du monde, dont une exposition solo en 2016 au C.N.E. (Saguenay, Québec).
www.i-jacques.com/

PIERRE HÉBERT
Pierre Hébert poursuit depuis cinquante ans une carrière de cinéaste, de performeur et d’artiste visuel. En 1962, il rencontre Norman McLaren qui l’encourage dans ses expériences d’animation gravée directement sur pellicule, technique qui va rester l’axe central de son travail jusqu’en 1999. Depuis une vingtaine d'années, il parcourt le monde pour présenter ses performances d'animation en direct. Il est récipiendaire de nombreux prix et bourses dont le prix du Québec «Albert-Tessier» pour le cinéma pour l'ensemble de son oeuvre (2004) et la bourse de carrière du CALQ pour le cinéma en 2012.
pierrehebert.com/

JESS JOHNSON
Jess Johnson est née en 1979 à Tauranga, en Nouvelle-Zélande. En 2016, elle s’installe de façon permanente à New York après avoir vécu et travaillé pendant dix ans à Melbourne, en Australie. Ses dessins et ses installations sont influencés par les intersections spéculatives que l’on dénote entre le langage, la science-fiction, la culture et la technologie. Ses récentes collaborations vidéo avec Simon Ward consistent à transposer ses dessins en œuvres animées et en réalité virtuelle. Le travail de Jess Johnson a été exposé en solo ou en groupes dans plusieurs musées à l’échelle internationale, dont la Jack Hanley Gallery à New York, l’Art Basel à Hong Kong, la Talbot Rice Gallery à Édimbourg, la National Gallery of Victoria en Australie, le Museum of Contemporary Art en Australie et la Christchurch Art Gallery en Nouvelle-Zélande. Jess Johnson est représentée par la Jack Hanley Gallery à New York, la Darren Knight Gallery à Sydney, en Australie et par la galerie Ivan Anthony à Auckland, en Nouvelle-Zélande.
www.jessjohnson.org

SOPHIE LATOUCHE
Née à Québec en 1990, Sophie Latouche détient depuis 2014 un BAC en Intermedia/Cyberarts de l’Université Concordia à Montréal un DESS en gestion d’organismes culturels au HEC depuis 2016. Sa pratique en art interdisciplinaire se concentre sur la réappropriation d’images et fonctions web qui reflètent une esthétique systémique ou qui dictent un comportement socionormatif. Son travail a été présenté dans le contexte de programmes vidéos, d'expositions et de publications. À l’été 2016, elle cofonde l’espace de diffusion d’art en ligne Galerie Galerie où elle travaille comme coordonnatrice et co-commissaire.
oksophielatouche.tumblr.com/
www.galeriegalerieweb.com

JENNY LIN
Jenny Lin crée des lectures alternatives de récits populaires, particulièrement en recadrant les tropes ambigüs et fragmentés des contes comme lieux d’actions et d’identités transgressives. Lin travaille principalement l’impression, la vidéo et le dessin, ainsi que les impressions 2D, les livres d’artistes et les livres objets, mais aussi l’installation vidéo. Elle détient un baccalauréat en beaux-arts de l’Université de Calgary et une maîtrise en arts visuels de l’Université Concordia où elle donne des cours pratiques en atelier à titre de chargée de cours.
www.jenny-lin.ca

AMY LOCKHART
Amy Lockhart est cinéaste, animatrice et artiste. Ses animations ont été projetées dans le cadre de festivals de calibres national et international tels que la Whitney Biennial de New York, l’Ann Arbor Film Festival et le Festival international d’animation d’Hiroshima au Japon.
www.amylockhart.ca/

ADRIAN NORVID
Adrian Norvid est né à Londres, en Angleterre, puis habite maintenant Montréal, où il y travaille. Il a obtenu un baccalauréat en beaux-arts en musique et un diplôme d’études supérieures en beaux-arts de l’Université York à Toronto. Norvid a exposé et performé à plusieurs endroits au Canada, notamment à The Rooms à Terre-Neuve, à l’Art Gallery of Windsor en Ontario, au Musée d’art contemporain de Montréal et au Musée national des beaux-arts du Québec. Il a également participé à plusieurs résidences et a reçu de nombreuses bourses du Conseil des arts et des lettres du Québec. Le premier livre de Norvid, Nogoodniks, a été publié par la maison d’édition Drawn and Quarterly en 2011 et son second ouvrage est attendu pour 2018.
canadianart.ca/artists/adrian-norvid/

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traduction des bios par Marie-France Thibault


HB et CLARK aimeraient tout d’abord remercier les artistes qui ont accepté de faire partie de cette exposition, ainsi que l’Atelier CLARK, tous nos bénévoles, Vidéographe et le Musée d'art contemporain des Laurentides pour leur aide précieuse. 

Salle 1
  • Exposition de groupe
HB no 6 / hors page

EXPOSITION /
12 JANVIER AU 18 FÉVRIER 2017

VERNISSAGE /
JEUDI 12 JANVIER, 20H
(précédé d'un lancement de publications à 19h)

ÉVÉNEMENT DE CLÔTURE /
TABLE RONDE
PERFORMANCE D’ADRIAN NORVID
LANCEMENT REVUE HB no5
SAMEDI 18 FÉVRIER, 15H à 19H

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PRÉSENTATION D'ARTISTE ET PROJECTION :
BARRY DOUPÉ
THE COLORS THAT COMBINE TO MAKE WHITE ARE IMPORTANT
MERCREDI 11 JANVIER, 18H30
présenté par Vidéographe à Dazibao (5455 de Gaspé, local 109)