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     Christian Messier
 

Le titre choisi par Christian Messier est une des clés pour entrer dans l’univers à la fois inquiétant et fantastique qu’il a créé. Je suis le dieu du feu de l’enfer et je t’apporte… le feu est une phrase tirée du seul succès d’Arthur Brown intitulé Fire, paru en 1968. La référence à ce chanteur britannique de rock psychédélique permet de faire un lien entre la fin des années 1960, époque emblématique de la culture de la drogue, et les deux corpus présentés à CLARK. Toutefois, c'est là que s’arrête le parallèle puisqu’il s’agit de deux séries qui n’ont rien en commun et qui s’entrechoquent pour créer un malaise.

La première série d’œuvres présente des images troublantes de possessions démoniaques, dont celle de la jeune Anneliese Michel, un cas connu et documenté d’exorcisme. C’est en 1968 que l’état de la jeune fille commence à se dégrader. Elle est aux prises avec des convulsions et des hallucinations dites démoniaques. Ses parents lui imposent de multiples exorcismes, qu’il est toujours possible d’entendre sur Internet. Les extraits disponibles donnent froid dans le dos et évoquent le film culte L’exorciste, qui a hanté l’imaginaire de bien des gens à l’époque de sa sortie. Pour l’exposition, Messier s’est inspiré des images les plus emblématiques de différents cas de possession. Proches de l’expressionnisme abstrait, les toiles de l’artiste font une place importante à la gestuelle, celle-ci lui permettant de recréer la souffrance qui a transformé le visage et le corps des possédés. Cette manière de procéder a un lien direct avec la performance, l’artiste plaçant le geste dans une certaine forme d’empathie pour son sujet. Messier incarne son sujet de manière à se mettre à la place de l’autre.

Le second corpus, réalisé à l’aquarelle, semble plus ludique et drôle. Messier y dépeint différentes scènes incongrues où l’on peut voir, entre autres, une femme qui regarde avec effroi ses huit jambes ou deux hommes qui pourraient être la même personne se dévisageant d’un air étonné. Dans cette série, l’artiste s’amuse à imaginer des « trips » de drogue. La facture des aquarelles, plus proche de l’illustration, crée une certaine distance face au sujet si on les compare avec la série de peintures. Ici, Messier produit un lexique visuel d’hallucinations possibles, qui pourraient s’accumuler à l’infini.

Dans ces deux séries oscillant entre horreur et humour, l’artiste s’intéresse à l’expérience de ses sujets et la représente par la peinture et l’aquarelle. Le choix de ces médiums, qui répondent aux émotions ou états vécus par les possédés ou par les individus expérimentant les effets hallucinogènes de la drogue, permet de créer une distinction entre les hallucinations vécues par une personne souffrant d’une maladie non diagnostiquée et celles provoquées par la drogue. Dans un cas, il y a un trouble qui persiste dans le temps et, dans l’autre, un état momentané qui laisse des images surréelles. 

Christian Messier vit et travaille à Montréal. En performance, il a participé à plusieurs événements dans une quinzaine de pays ainsi qu’au Canada dont Live Biennale à Vancouver, Viva! Art action à Montréal, la Biennale d’art performatif de Rouyn-Noranda, 7a * 11d à Toronto la Manif d’art de Québec et à la Rencontre internationale d’art performance de Québec 2000 et 2002. En peinture, son travail a été présenté à l’Œil de poisson, la galerie Verticale à Laval, l'Écart à Rouyn-Noranda, a la galerie Laroche/Joncas à Montréal la Galerie l'Œuvre de l'autre et Le Lobe à Chicoutimi ainsi qu'à Regart à Lévis. Christian Messier est représenté par la galerie Laroche/Joncas.

Salle 1
  • CHRISTIAN MESSIER
Je suis le dieu du feu de l’enfer et je t’apporte … Le feu

EXPOSITION /
14 JANVIER AU 20 FÉVRIER 2016

VERNISSAGE /
JEUDI 14 JANVIER, 20H

PRÉSENTATION D'ARTISTE /
SAMEDI 20 FÉVRIER, 15H