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    Guy Boutin
 

Associé au monde effervescent et bigarré des années 1980, Guy Boutin est issu de la culture underground gravitant autour d’une faune montréalaise qui s’abreuvait tant à la source de la poésie, de la bande dessinée que de la peinture en direct. Il a depuis poursuivi un parcours atypique au sein de lieux et soirées cultes montréalais1 toujours dans l’urgence de faire et de produire du sens en laissant des traces marquantes de gestes indomptables et d’émotions exacerbées de l’instant présent.

Au début de son parcours, c’est à l’intérieur de ce fief urbain d’abord en tant qu'artiste autodidacte acharné que Guy Boutin s’adonne aux graffitis et à la bd pour en venir à un langage pictural plus près du tag brut que du dessin, amalgamé à des formes et des traits colorés rythmés que l’on retrouve toujours aujourd’hui dans ses tableaux.

À coup de larges traits, il esquisse des figures récurrentes, notamment celles de la figure du peintre, du monstre ou d’un portrait de femme dans une composition qui, au premier coup d’œil, semble chaotique et aléatoire, mais d’où se révèle un effet d’équilibre entre le fond et la forme. Les qualificatifs «brut» et «tribal» nous viennent aisément à l’esprit pour définir la force vibrante de cette écriture visuelle.

L’artiste se lance sans préméditation sur ses surfaces comme s’il fusionnait avec cet espace-lieu. Il inscrit des couleurs pures sur des supports pour leur donner vie en jouant à la limite de l’impulsion et de la sensation, qu’il s’agisse d’un mur ou d’un tableau. À ce titre, la gestualité de ses constructions formelles nous montre davantage à voir un plan expressif que celui d’un contenu figuratif. Pour cet artiste la peinture est fondamentalement le moyen le plus direct pour se dépasser et se connaître. De plus, il privilégie les matériaux pauvres comme support qui sont pour lui les plus nobles, dont le carton récupéré et les murs de la ville.

On reconnaît certes plusieurs influences picturales pour la couleur ou la schématisation, mais pour l'artiste ce sont plus précisément des coups de cœur et des références inspirantes. On peut y voir autant celles de l’art populaire asiatique, de la BD japonaise, de l’expressionnisme allemand ou encore Joan Miro, Keith Haring, Luciano Castelli, les frères Di Rosa, François Boisrond, André Butzer ou Jonathan Meese.

Le projet retenu par Clark permettra au visiteur de s’immiscer dans un environnement où son univers plastique incluant tableaux existants, ainsi que peintures et sculpture en matériaux récupérés réalisées sur place sera déployé à la manière d’un « all over ».

Bien que l’œuvre de Guy Boutin fasse maintenant partie de collections privées et soit présentée en galerie, sa notoriété dans le système plus institué du monde de l’art contemporain n’a pas encore d’égal à son abondante production qui en fait pourtant l’un des peintres les plus prolifiques de sa génération à Montréal.


- Sonia Pelletier


1. Parmi ceux-ci mentionnons Les Foufounes électriques, la galerie Dépanneur, les soirées Hiboux du bar le Hasard, le Café Campus et la Casa Obscura.


Né à Montréal, Guy Boutin y vit et travaille toujours. Tout d'abord attiré par la bande dessinée, c'est en autodidacte qu'il aborde la peinture, avant d'étudier en arts visuels à l'UQÀM de 1985 à 1990. Durant la même période, il s'adonne au tag et au graffiti, il réalise aussi des murales sous forme de performances en direct. Au courant des années 1990, il prend part à la scène de bande dessinée alternative, entre autres en publiant le zine WAHCOMIX, reconnu autant ici qu'à l'étranger, et en contribuant au zine Steak Haché pour lequel il reçoit le prix Langue de Feu. Lié au monde de la musique et à celui de la littérature, il réalise notamment des images pour des groupes comme Overbass, Les Chiens et morceaux_de_machine. Il a collaboré à plusieurs reprises avec le poète Denis Vanier et à deux publications littéraires dirigées par Jonathan Lamy.

Son travail a été présenté par plusieurs galeristes privés, dont Riverin-Arlogos, Robert Poulin et Yves Laroche, et fait aujourd'hui partie de plusieurs collections privées. Guy Boutin a réalisé plusieurs expositions individuelles au Québec ainsi que de nombreuses expositions collectives au Canada, aux États-Unis et en France. 

Salle 1
  • GUY BOUTIN
Peinture ultra merde

EXPOSITION /
2 NOVEMBRE AU 9 DÉCEMBRE 2017

VERNISSAGE /
JEUDI 2 NOVEMBRE, 20H

PRÉSENTATION D'ARTISTE /
SAMEDI, 11 NOVEMBRE, 15H