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  • Sandra Volny, Silence starts at -425m, 2013.
    Sandra Volny, Silence starts at -425m, 2013.
 

Silence starts at -425m s’inspire de la disparition progressive de la mer Morte1 pour présenter les derniers sons enregistrés au chevet de celle-ci, en Jordanie.

Depuis 1848, les scientifiques sondent la mer Morte pour en évaluer la profondeur et comprendre la composition de ses fonds. Explorant de nouveaux territoires grâce à des technologies sonores, les scientifiques ont réalisé 162 sondages avec une ligne de sonde. En 2011, le Dead Sea Multi-beam Echo Sounder Survey (sondage de la mer Morte via un échosondeur à multifaisceaux)  a enregistré 7,84 millions de sondages en 30 jours. Malgré d’importants défis techniques rencontrés – dus à la rapidité exceptionnelle et à l’instabilité du son dans la mer Morte –, les scientifiques ont recueilli suffisamment de données pour produire des relevés topographiques qui nous renseignent sur la stratification du fond de la mer; révélant de ce fait notre passé géologique à travers le son.

Intriguée par ces résultats en raison de mon intérêt pour le son comme vecteur de notre passé, j’ai constaté que certaines questions cruciales étaient absentes de cette recherche scientifique : Quel est le son de la mer morte? Plus précisément, quelle est sa résonance, son timbre, sa tonalité et sa texture ? En réaction à ces expériences scientifiques, je suis partie en Jordanie afin de jeter une ligne de sonde dans les eaux de la mer Morte.

Les sons de la mer Morte ont été gravés sur un dubplate (microsillon en acétate très fragile gravé en un seul exemplaire). À chaque fois qu’on le fait jouer, l’enregistrement se détériore un peu, diminuant d’intensité pour faire entendre des sons de plus en plus faibles et altérés. Joués à répétition, les sillons gravés de l’enregistrement de la mer Morte disparaissent graduellement, se fondant peu à peu dans l’acétate même.

 

1) La mer Morte est considérée comme étant la surface exposée la plus basse sur terre, ses rives et sa surface étant situés à 425 mètres sous le niveau de la mer. Malgré le nom qu’on lui a attribué, la mer Morte continue de disparaitre; son niveau baisse au rythme de plus d’un mètre par année.


Sandra Volny est une artiste sonore qui travaille également la vidéo, l’installation et la performance. Dans sa recherche, elle utilise les espaces sonores comme vecteurs permettant l’émergence d’un imaginaire individuel et collectif grâce au son. Son oeuvre montre des espaces et des individus dans des situations où le processus de la conscience se bâtit dans l’espace même, au moyen du son. Volny est présentement doctorante en Sciences, Art et Esthétique à la Sorbonne. Elle s'est vue accorder plusieurs résidences et prix pour ses projets artistiques et son excellence académique, dont la bourse de voyage HLC de l’Université Harvard, une bourse de voyage du Conseil des arts du Canada, et une bourse du CALQ pour les artistes émergents. Son travail a été présenté à l’international, y compris au Raumlabor-267 Quartiere für zeitgenössische Kunst und Fotografie (Brunswick, Allemagne), à la Galerie Leonard et Bina Ellen (Montréal), à la Galerie Michel Journiac (Paris) et présentement à Dazibao (Montréal).


Merci à Bassam Halaibaba qui m’a guidée sur les traces sonores de la mémoire d’une mer qui, jadis, recouvrait complètement la vallée de la mer Morte. HBK Braunschweig pour leur appui logistique et financier, Vincent Lafrance pour le transfert des images HD à des diapositives 35mm, et à Simon Bélair, mon conjoint pour son appui inconditionnel.

Poste audio
  • Sandra Volny
Silence starts at -425m

EXPOSITION /
8 SEPTEMBRE AU 15 OCTOBRE 2016

VERNISSAGE /
JEUDI 8 SEPTEMBRE, 17H