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  • Libby Hague, "Hand and Eye Connection"
    Libby Hague, "Hand and Eye Connection"
 

L’idée de parcours est au cœur de l’installation Walk with me de Libby Hague. On peut penser au parcours personnel, celui que nous effectuons au cours de notre vie, qui forge nos souvenirs et nous fait parfois replonger dans l’enfance. Il y a aussi le parcours lié à la promenade en nature. Il y a, bien évidemment, le parcours de l’artiste, ses influences, sa démarche, son travail d’atelier et les expositions qui en découlent. Et, finalement, il y a le parcours que le visiteur emprunte dans l’installation, comment il entre en contact avec l’œuvre et crée des liens entre les différents éléments mis en place par l’artiste. Toutes ces notions associées aux chemins que nous empruntons convergent dans cette exposition.

Dans Walk with me, Libby Hague tisse métaphoriquement des liens entre son passé et son présent par l’utilisation de réseaux de fils, de cordes et de câbles et la récupération de pièces présentées dans un autre contexte, qu’elle réactualise dans une sorte d’autoportrait abstrait. L’artiste met en lumière des questions identitaires liées à son enfance vécue à Montréal, à son statut d’anglophone dans une ville francophone et à son attachement pour le Québec même si elle habite maintenant à Toronto. Il s’agit de faire un état des lieux, de revoir les images qui sont restées imprégnées et qui appellent le travail en atelier. Dans cette installation immersive, l’artiste fait référence à une liste d’éléments qui ont servi à la création : « les dessins à l’encre de Borduas, Riopelle, Pellan et Molinari, “la Main”, les toits rouges et argentés, l’hiver, le fleuve, les forêts en automne et en hiver, les bouleaux, les clochers d’églises, la croix du mont Royal, les vitraux, sa famille[1] ». On peut voir le résultat comme un exercice de mémoire, en cela que l’artiste regarde en arrière, fouille dans ses souvenirs et remet ensemble des pièces récentes et déjà présentées. Concrètement, cette accumulation de lignes et de motifs dans l’espace prend forme dans différentes structures modulaires et modulables, notamment dans les deux installations qui font référence à la forêt et à un champ. Un peu à la manière des jeux de construction en bois Tinkertoy®, l’artiste crée des assemblages par addition de motifs et de matériaux à partir d’un vocabulaire formel récurrent dans son travail (papiers colorés retenus par des punaises, impression sur bois, emboîtement de matériaux divers, etc.). Ces structures fragiles et délicates invitent à la contemplation un peu comme le ferait un paysage.

 

[1] Traduction libre d’un texte de l’artiste consulté le 24 janvier 2015 : http://www.libbyhague.com/synchromesh.html

Libby Hague a grandi dans la banlieue de l’Ouest-de-l’Île de Montréal au sein d’une famille d’artistes et de scientifiques, bien que ces derniers n’en étaient pas conscients. À la place, ils appelaient cela « essayer quelque chose de nouveau », « bricoler » et « aller au sous-sol ». Elle a eu la chance d’aimer cette manière de faire les choses dès le début et a été assez égoïste pour ne pas arrêter.

Elle vit en Ontario depuis le début des années 1970 et a connu assez de succès pour trouver une satisfaction professionnelle (plus de cinquante expositions individuelles), mais pas assez pour qu’on lui dise quoi faire et qu’elle ne soit plus libre d’inventer ce qu’elle veut. Elle gagne assez d’argent pour payer son loyer (lorsqu’elle fait attention) tout en ayant du temps pour travailler et voyager à l’occasion. Un peu plus, et la situation serait presque parfaite.

Libby Hague remercie Philip Anisman, Betty Hague, l'équipe du Centre CLARK et le Conseil des arts de l'Ontario. 

Salle 2
  • LIBBY HAGUE
WALK WITH ME

EXPOSITION /
12 MARS AU 26 AVRIL, 2015

VERNISSAGE /
JEUDI 12 MARS, 20H

PRÉSENTATION D'ARTISTE /
SATURDAY, 18 AVRIL, 15H